Est du Tchad les réfugiées victimes de violences
Tchad « Il n’y a pas de place pour nous ici » Violences contre les réfugiées dans l’est du Tchad Femme réfugiée au Tchad Quelque 250 000 réfugiés du Darfour ont besoin de la protection des Nations unies au Tchad. (c) UNHCR/H Caux Limitrophe du Darfour, région soudanaise déchirée par le conflit, l’est du Tchad continue d’être régulièrement le théâtre d’affrontements entre l’armée tchadienne et les groupes d’opposition armés tchadiens ainsi que d’affrontements entre l’armée tchadienne et les milices soutenues par l’armée soudanaise. L’est du Tchad accueille, d’après l’ONU environ 500 000 réfugiés soudanais et déplacés tchadiens. La MINURCAT, mission de l’ONU qui a commencé à se déployer en mars 08 dans le cadre de l'EUFOR, a fait baisser la violence générale, les attaques visant le personnel humanitaire et les civils, qui avaient pris des proportions alarmantes au cours des derniers mois de l’année 2009, sont en recul. Cependant les réfugiées sont toujours régulièrement victimes de harcèlements et de viols. En janvier 2010 le président du Tchad a demandé le retrait de la MINURCAT. Si le Conseil de sécurité de l'ONU accède à cette demande l'ensemble des réfugiés va se retrouver sans protection. Mieux comprendre la situation dans l’est du Tchad : Pourquoi de tels déplacements ? La plupart des personnes réfugiées cherchent à échapper aux violences liées au conflit armé interne qui déchire le Soudan surtout depuis 2003 et la guerre au Darfour. Les déplacés de l’est du Tchad cherchent, quant à eux, à échapper aux affrontements qui, surtout depuis 2006, ont lieu entre les groupes d’opposition armés tchadiens et l’armée tchadienne. Les civils ont été laissés sans défense alors qu’ils étaient attaqués par les groupes armés tchadiens et soudanais. En plus, des affrontements ont opposé différentes communautés tchadiennes surtout concernant des conflits fonciers. Quelles violences subissent les réfugiées ? De nombreuses femmes et jeunes filles subissent des viols. L’immense majorité des viols concernent les femmes et les filles à l’extérieur des camps mais même aussi à l’intérieur. Elles sont particulièrement exposées aux viols quand elles doivent quitter leur camp afin de chercher du bois pour faire la cuisine, trouver du foin pour les animaux, aller chercher de l’eau ou se rendre au marché. Elles sont parfois obligées de parcourir plus de 10 km. Qui sont les responsables de ces viols ? Il est bien souvent difficile pour une femme ou une jeune fille qui a été violée ou attaquée d'identifier ses agresseurs, car ces derniers se masquent parfois le visage d'un turban et les faits se produisent f réquemment de nuit. La plupart des agressions sont perpétrées dans des endroits isolés et l’agresseur s’empresse ensuite de quitter les lieux du crime. Les responsables sont des combattants soudanais janjawids, des bandits locaux, voire des habitants des villages des environs ou des membres de l'armée nationale tchadienne. La réaction internationale : On espérait que la mise en place de la Mission des Nations unies en République centrafricaine et au Tchad (MINURCAT) chargée d’assurer la sécurité à l'intérieur et autour des camps de réfugiés et de personnes déplacées, allait permettre d’améliorer la sécurité des femmes et des filles réfugiées ou déplacées. En effet la MINURCAT, a créé notamment une force de police tchadienne (DIS : Détachement intégré de sécurité) qui doit protéger les camps. Cependant le nombre des viols n’a pas diminué. On espérait que la mise en place de la Mission des Nations unies en République centrafricaine et au Tchad (MINURCAT) chargée d’assurer la sécurité à l'intérieur et autour des camps de réfugiés et de personnes déplacées, allait permettre d’améliorer la sécurité des femmes et des filles réfugiées ou déplacées. En effet la MINURCAT, a créé notamment une force de police tchadienne (DIS : Détachement intégré de sécurité) qui doit protéger les camps. Le gouvernement tchadien : Le gouvernement tchadien a demandé fin janvier le retrait de la MINURCAT du Tchad à l’expiration de son mandat, le 15 mars 2010. Si la MINURCAT quitte effectivement le pays, des centaines de milliers de civils déjà vulnérables seront exposés à une multiplication des attaques des groupes armés d’opposition tchadiens, des milices , des bandes criminelles et des membres des forces de sécurité tchadiennes. Les autorités tchadiennes ont pour responsabilité et pour devoir de protéger leur propre population et les autres personnes qui vivent sur leur territoire, mais cela fait de nombreuses années qu’elles ne se montrent ni aptes, ni disposées à le faire dans l’est du pays.